« Envoyez-nous votre logo en vectoriel. » C’est la phrase qui met mal à l’aise bien des entrepreneurs, parce qu’ils ne savent pas s’ils l’ont, où le trouver, ni même ce que ça veut dire. Résultat : on envoie l’image trouvée sur le site web, l’imprimeur répond que ce n’est pas utilisable, et le projet prend une semaine de retard. Cet article vous donne les repères essentiels pour comprendre les formats de fichiers, savoir ce que vous devez exiger de votre designer, et cesser de perdre du temps à chaque commande d’impression.
Formats de fichiers graphiques : lequel utiliser et quand
Toute la question se ramène à une distinction fondamentale : le vectoriel et le matriciel. Une image matricielle, comme une photo prise avec votre téléphone, est composée d’une grille de points colorés. Elle possède une taille fixe, et l’agrandir revient à étirer cette grille : les points deviennent visibles, l’image devient floue ou crénelée. Une image vectorielle, à l’inverse, n’est pas faite de points mais d’instructions mathématiques décrivant des formes, des courbes et des couleurs. L’ordinateur recalcule le tracé à chaque affichage, ce qui signifie qu’elle reste parfaitement nette qu’on l’imprime sur une carte professionnelle ou sur le flanc d’un camion. C’est pour cette raison qu’un logo doit impérativement exister en vectoriel : c’est le seul format qui permet de l’utiliser à n’importe quelle taille sans jamais perdre en qualité. Une photographie, elle, sera toujours matricielle, parce qu’aucune formule mathématique ne peut décrire la complexité d’une scène réelle.
Un logo qui n’existe qu’en JPG n’est pas vraiment un logo : c’est une photo de votre logo. La distinction paraît théorique jusqu’au jour où vous commandez une enseigne, un lettrage de véhicule ou un lot de vêtements brodés. À ce moment-là, votre fournisseur devra soit redessiner le tracé à la main, soit vous livrer un rendu approximatif. Exigez toujours les fichiers vectoriels à la livraison d’un projet d’identité, même si vous n’en voyez pas l’usage immédiat. Ils vous serviront pendant toute la vie de votre entreprise.
Les formats à connaître et leurs usages
Voici les formats que vous croiserez le plus souvent et le contexte dans lequel chacun est pertinent.
| Format | Type | Usage recommandé |
|---|---|---|
| AI, EPS, SVG | Vectoriel | Logo, enseigne, lettrage, broderie, gravure |
| Mixte | Envoi à l’imprimeur, documents à diffuser | |
| PNG | Matriciel | Logo sur le web, images avec fond transparent |
| JPG | Matriciel | Photographies sur le web et dans les documents |
| WebP | Matriciel | Photos sur un site web, pour accélérer le chargement |
Le PDF occupe une place à part, parce qu’il peut contenir aussi bien du vectoriel que du matriciel. Un PDF généré à partir d’un fichier vectoriel conserve toutes les qualités du vectoriel ; un PDF fabriqué à partir d’une photo de mauvaise qualité restera une photo de mauvaise qualité.
Comment savoir si votre logo est vectoriel
Le premier indice est l’extension du fichier : si vos seuls fichiers se terminent par .jpg ou .png, vous n’avez pas de vectoriel, quelle que soit leur taille. Un fichier .ai, .eps ou .svg est en revanche presque toujours vectoriel. Le test le plus parlant reste toutefois le zoom : ouvrez le fichier et agrandissez fortement le contour d’une lettre ou d’une forme. Si les bords restent parfaitement lisses à n’importe quel niveau d’agrandissement, c’est du vectoriel. S’ils deviennent flous ou dentelés, c’est du matriciel. Si le contrôle révèle que vous n’avez que des fichiers matriciels, sachez qu’il est possible de faire revectoriser un logo, c’est-à-dire de le redessiner proprement à partir de l’image existante. C’est un travail de quelques heures, largement rentable si votre logo est appelé à durer et à se retrouver sur des supports variés.
La résolution, cette source d’incompréhension
La résolution ne concerne que les images matricielles, et elle explique pourquoi une image parfaite à l’écran devient inutilisable à l’impression. Un écran affiche relativement peu de points par pouce, alors qu’une impression de qualité en demande environ quatre fois plus. Une photo téléchargée depuis un site web contient donc largement moins d’information que ce qu’exige une brochure imprimée. C’est aussi pourquoi une image ne s’améliore jamais en l’agrandissant : les points manquants ne peuvent pas être inventés. La règle pratique à retenir est simple : partez toujours du fichier original, à la plus grande taille disponible, et réduisez-le pour le web plutôt que d’agrandir une petite image pour l’impression. Et conservez vos originaux quelque part : c’est le genre de fichier qu’on regrette de ne pas avoir gardé trois ans plus tard.
Les images sur le web : trouver l’équilibre
Sur un site web, la logique s’inverse : ce qui compte n’est plus la qualité maximale mais l’équilibre entre qualité perçue et poids du fichier. Une photo directement sortie d’un appareil peut peser plusieurs mégaoctets, ce qui est considérable pour une page web. Multipliez par dix images sur une même page et vous obtenez un site que personne n’attend sur une connexion mobile. Le bon réflexe consiste à redimensionner les images aux dimensions réellement affichées, à les compresser, et à privilégier des formats modernes comme le WebP qui offrent une qualité comparable pour un poids nettement inférieur. C’est l’une des optimisations les plus rentables qui soient : elle améliore simultanément l’expérience des visiteurs et le référencement, pour un effort relativement modeste.
Ce que vous devriez recevoir à la fin d’un projet
À la livraison d’une identité visuelle, une entreprise devrait repartir avec un dossier complet et organisé, pas avec une seule image envoyée par courriel. Ce dossier comprend normalement les fichiers vectoriels sources du logo et de ses variantes, des versions matricielles prêtes à l’emploi pour le web, des versions monochromes pour les supports qui l’exigent, et un document précisant les références de couleurs et les polices utilisées. Ces fichiers vous appartiennent : c’est un point à clarifier avant même le début du projet, parce que certaines mésaventures naissent d’un prestataire qui conserve les sources. Chez SYGIF Design, chaque projet d’identité livré aux entreprises de Rimouski et du Bas-Saint-Laurent inclut l’ensemble de ces fichiers, prêts à être transmis à n’importe quel imprimeur ou fournisseur. Si vous n’êtes pas certain de ce que vous possédez, envoyez-nous vos fichiers actuels : on vous dira ce qui manque.

